Rigoberto, le disparu d’Iquique

L’histoire que je vais vous raconter a eu lieu au Chili dans les années 70-80. Le protagoniste, Rigoberto Vergara, a vécu un expérience troublante qui a marqué ses contemporains. Une expérience qui défie les lois de la physique. Rigoberto Vergara a vécu huit ans en l’espace d’un jour.

Nous sommes alors dans la ville d’Iquique en 1974, au Chili. Rigoberto travaille depuis une trentaine d’années en tant qu’ingénieur dans une exploitation minière. Mais dernièrement, suite à des recherches menées à la bibliothèque, il se passionne pour l’archéologie et plus que tout pour les salitreras. Les salitreras, ce sont ce qu’on désigne en français par le terme de salpêtrière. Ce sont de grandes exploitations de salpêtre, matière première qui sert notamment à fabriquer des explosifs. Pendant plusieurs décennies depuis 1842, le Chili a été le fournisseur mondial de salpêtre. Mais durant la seconde guerre mondiale, les allemands réussirent à produire du salpêtre synthétique réduisant la demande du salpêtre naturel à une peau de chagrin, et plongeant par la même occasion le Chili dans une grave crise économique que l’on appelle crise du salpêtre. Les ouvriers ont quitté massivement ces grandes zones d’extraction où ils travaillaient autant qu’ils y vivaient avec leur famille. Ces grandes exploitations minières sont restées désertes.

Mené par la curiosité et l’instinct, Rigoberto se met à explorer ces zones abandonnées. Sa passion croit tellement que, n’ayant jamais jusque-là fait de caprice ou tiré au flanc, il quitte son travail et se met à explorer avec ardeur ces grandes étendues délaissées à la recherche d’objets abandonnés par les habitants, de traces du siècle passé. Tous les jours, il partait, le journal sous le bras, disait au revoir à son épouse, Aida, prenait le bus direction Santa Laura, à 42km de chez lui et visitait les bureaux et habitations délaissées de la salpêtrière de Humberstone et Santa Laura.

Un matin, il partit faire son exploration quotidienne, le journal sous le bras comme d’habitude. Léger. Tout laissait à penser que c’était une journée tout à fait normale. Les heures, puis les minutes s’écoulèrent à leur rythme habituel. Aida vaquait à ses occupations. Mais quand vint le soir, comme Rigoberto ne revenait pas, elle s’inquiéta. Elle préféra cependant attendre un peu avant d’alerter la famille. Après tout, il avait très bien pu rater son bus, auquel cas il rentrerait plus tard que prévu.

Cependant, elle ne le vit pas apparaître ni le soir-même, ni le lendemain. Avant toute chose, elle préféra se rendre d’elle-même sur les anciennes exploitations de salpêtre si chères à son mari pour voir si elle ne le trouvait pas. Il pouvait être blessé, incapable de bouger, peut-être même inconscient. Mais, sur les lieux de l’ex-exploitation, elle ne trouva rien, aucune trace de son mari.  

Une semaine s’écoula. Rigoberto ne rentrait pas. Il était quand même temps de lancer de sérieuses recherches. La police fut contactée. De nombreuses investigations furent menées, ce fut un échec. Deux ans plus tard, la police déclara Rigoberto Vergara mort.

La famille éplorée construit dans le cimetière d’Iquique une stèle symbolique où se recueillir. Ils s’y rendirent durant huit années consécutives. Le temps faisant son travail, la douleur s’apaisa, l’absence se fit moins pesante. Les deux filles de Rigoberto se marièrent, l’une, Anita, eut un enfant.

Un jour, alors qu’Aida et sa fille Anita discutent dans le salon de leur grande maison, elles entendent quelqu’un forcer la serrure puis devant l’impossibilité d’ouvrir la porte toquer. Comme les deux femmes attendaient quelqu’un, elles ne s’alarment pas devant cet événement et Anita va ouvrir la porte. Et là, revenu d’entre les morts, Rigoberto apparait. Vous imaginez le choc de sa fille et de son épouse. Cette dernière s’évanouit, Anita reste pétrifiée.

Rigoberto inchangé, toujours avec la même chemise, le même pantalon que le jour de sa disparition, le journal à la main en parfait état, n’avait absolument pas vieilli. Pour lui, il ne s’était écoulé qu’une journée. Vous imaginez également sa surprise ! Il ne pouvait pas entrer dans sa maison dont la serrure avait été changée, notait de significatifs changements dans la décoration intérieure, son épouse lui apparaissait bien plus vieille qu’au matin, elle portait des vêtements de deuil, et sa fille tenait un bébé dans les bras.  

Jamais il ne put expliquer ce qu’il s’était passé durant ce qui pour lui fut une journée tout à fait ordinaire de recherches dans la salpêtrière.

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